INTERVIEW DOUBLAGE: Andrea Santamaria

Andrea Santamaria_photo de profil

En exclu pour gillesfaitsoncinema.com, l’interview du comédien de doublage Andrea Santamaria !
Il est le meilleur ami de Krokmou, il chante merveilleusement bien… et en plus, il chasse les fantômes !
Il a eu la gentillesse de répondre à quelques questions sur son métier passionnant.
Et j’avoue… je suis quand même « Un Poco Loco » de son immense talent !

Salut Andrea, quel a été ton tout premier rôle en doublage ? Comment es-tu arrivé dans ce métier ?

Je suis entré dans le milieu du doublage quand j’étais tout petit. Ma maman (la comédienne Audrey Sablé) travaillait et n’avait pas assez d’argent pour me faire garder. Du coup, elle m’emmenait avec elle sur les plateaux. J’en ai donc vu énormément, simplement en regardant… en attendant qu’elle termine de travailler.

Et puis un jour, j’ai dit : « Ah bah je veux essayer ! » Raphaël Ancieux m’a alors fait passer un essai pour mon tout premier rôle: je doublais une petite fille dans un téléfilm, et je disais juste : « Merci ! »

Tu es la voix de Miguel dans le film d’animation des studios Disney « Coco » (2017). Quels souvenirs gardes tu de cette aventure ?

J’ai énormément de souvenirs de l’aventure Coco. C’était mon premier très gros film. J’avais déjà travaillé sur « Le Petit Prince » deux ans plus tôt, ce qui m’avait fait découvrir le monde de la promo, avec les interviews et tout ce qui va avec… Mais « Coco », c’était vraiment un autre niveau.

Je suis passé sur TF1, sur Disney Channel. Il y a eu une avant première au Grand Rex qui était absolument phénoménale. C’était une expérience immense, qui restera gravée dans ma mémoire jusqu’à la fin de ma vie

Dans « Coco », tu es la voix parlée de Miguel, mais aussi en chant. Chanter pour Disney quand on a 12 ans… c’est un sentiment de rêve ?

Je n’avais pas vraiment conscience que je chantais pour Disney. À 12 ans, je savais que Disney était une énorme entreprise, j’adorais Disneyland, mais je n’avais pas assez de recul pour me dire : « Ok, là je suis en train de chanter pour l’une des plus grandes productions de cinéma et de musique au monde ». Je ne me rendais pas compte… et je pense que c’était mieux comme ça ! Parce que du coup, je l’ai fait avec toute l’innocence qu’un gamin peut avoir.

Je l’ai vécu comme quelque chose de génial, exactement comme un enfant découvre quelque chose de nouveau. Je n’étais pas chanteur à l’époque, donc c’était d’autant plus difficile. En fait, j’ai fait mes tout premiers pas dans le chant grâce à Disney

Le personnage de Miguel dans le film Disney Coco (2017)
Le personnage de Miguel dans le film Disney Coco (2017)

Comment as tu abordé le doublage d’un film aussi chargé en émotions, surtout quand on est encore un enfant ?

Je l’ai abordé exactement comme les autres projets que je faisais à l’époque. Je n’ai pas fait de différence parce que c’était « Coco ». La seule scène qui m’a vraiment bouleversé, c’est la fin du film, quand je chante « Ne m’oublie pas » avec Mamá Coco. Là, j’ai vraiment pleuré. L’émotion était très forte. Et d’ailleurs, la première cassure que tu entends dans ma voix dans la chanson… c’est vraiment moi en train de pleurer.

Parlons maintenant de ton immense doublage de l’année dernière ! Tu es la voix française d’Harold (Mason Thames) dans le remake live de « Dragons ». Comment es tu devenu le meilleur ami de Krokmou ?

Je suis devenu le meilleur ami de Krokmou en passant un casting ! Je n’ai pas triché avec le système (rire). C’est Virginie Méry qui dirigeait le film

Andrea Santamaria est la voix de Harold dans le film Dragons (2025)
Andrea Santamaria est la voix de Harold dans le film Dragons (2025)

As tu ressenti une certaine pression en reprenant la voix d’Harold, après Donald Reignoux ?

Au début, j’ai ressenti une certaine gêne. Quand je suis arrivé au casting, je savais que c’était Donald qui faisait la voix d’Harold dans la trilogie animée, et j’ai un peu bugué… Je me suis dit : « Mais pourquoi ce n’est pas Donald ? » J’en ai parlé avec Virginie, et elle m’a expliqué que c’était un nouveau projet, une nouvelle adaptation, et qu’ils voulaient quelqu’un d’autre.

Donc oui, au début, j’avais un petit syndrome de l’imposteur. Puis je me suis fait à l’idée. Je me suis dit que je devais juste faire mon travail du mieux possible, pour être à la hauteur de ce que Donald avait fait à l’époque, et respecter son travail.

As-tu collaborer avec Donald ? Est-ce qu’il t’a donné des conseils ?

Je n’ai pas collaboré avec Donald et il ne m’a pas donné de conseils.

Le film a cartonné au cinéma, et c’était mérité car il est excellent.
Qu’as tu ressenti la première fois que tu l’as vu en entier, et entendu ta propre voix ?

Quand je l’ai vu en entier… déjà, j’ai adoré le film (rire). Et tu sais, moi, quand j’entends ma voix au cinéma ou à la télé, ça ne me fait plus rien. Je fais ça depuis tellement d’années que je me dis juste : « Ok, je parle, quoi… »(rire).

Ce n’est pas parce que c’était Harold que ça me faisait quelque chose de particulier. J’écoutais surtout si mes intentions de jeu étaient bonnes, si j’avais fait du bon travail. Mais ça n’avait rien à voir avec le fait que ce soit Harold.

Harold et Krokmou - Film Dragons (2025)
Harold et Krokmou - Film Dragons (2025)

Il y a deux ans (2024), on t’a également entendu dans une autre grosse franchise cinématographique : « SOS Fantômes » , pour le 5ème fim « La Menace de glace ».
Tu es la voix de Podcast (Logan Kim). Tu connaissais les films avant de t’embarquer dans cette aventure ?

Oui, c’est vrai que j’ai travaillé sur « SOS Fantômes ». Je connaissais les films de nom, mais je ne les avais pas vus avant de commencer. C’était vraiment sympa à faire, j’ai bien aimé mon rôle. Il est assez dynamique, un peu marrant, donc c’était cool à jouer.

Le personnage de Podcat - SOS Fantômes La Menace de glace (2024)
Le personnage de Podcat - SOS Fantômes La Menace de glace (2024)

Les gens connaissent ta voix, mais rarement ton visage. Est-ce une forme de liberté ou parfois une frustration ?

Je ne sais pas si on peut parler de frustration, mais je ne pense pas. J’aime justement le fait que ce soit un métier un peu de l’ombre, qu’on n’ait pas besoin d’être connu pour notre visage. La voix, déjà, ça suffit largement. Je n’ai pas ce besoin de notoriété que peuvent avoir d’autres personnes, et je peux comprendre que ça leur plaise, mais moi ce n’est pas quelque chose que j’aime. Je trouve ça cool d’être encore dans l’ombre.

"J’aime justement le fait que ce soit un métier un peu de l’ombre" Andrea Santamaria - photo ©David Twist
"J’aime justement le fait que ce soit un métier un peu de l’ombre" Andrea Santamaria - photo ©David Twist

Tu me dis si je me trompe, mais on ne t’a encore jamais entendu dans un jeu vidéo, c’est exact ? Est-ce un univers dans lequel tu aimeras doubler ?

Effectivement, je n’ai pas encore fait de jeux vidéo. J’ai passé des castings, mais je n’en ai pas encore décroché. Et j’adorerais ça ! Je suis un gros geek à la base, je joue beaucoup à plein de franchises, donc doubler dans un jeu vidéo, ce serait vraiment génial.

Le public semble encore assez attaché aux versions originales. Que dirais-tu pour défendre la VF ?

Pour défendre la VF, je dirais que même si les acteurs originaux sont très bons, on n’aura jamais la même sensation qu’avec un film ou une série bien doublés dans notre langue. C’est notre langue natale : on ressent plus facilement les émotions, les nuances, tout ce qu’un personnage traverse. On vit l’histoire plutôt que de la lire.

Moi, par exemple, je regarde parfois des séries en VO parce que j’adore les acteurs, mais si je sais que le doublage est très bon, je vais les regarder en français.

Quel est ton avis sur le l’IA en général ? Et pour ton métier, as-tu espoir qu’on arrive à bientôt légiférer quelque chose ?

Pour l’IA… je ne sais pas, l’avenir nous le dira ! Je pense qu’il faut continuer à se battre tous ensemble pour légiférer. C’est la seule chose à faire. Sinon, ce n’est pas seulement notre métier qui sombrera, mais des dizaines d’autres. Donc je me battrai jusqu’au bout pour défendre les intérêts des comédiens français et pour être contre l’IA dans le doublage.

Quel est ton meilleur souvenir dans le doublage depuis tes débuts ?

Ah bah mon meilleur souvenir, c’est « Coco » ! Je pense que ça paraît logique (rire) ! Mais oui, c’est vraiment mon meilleur souvenir. Et juste après… « Dragons ». C’est un peu l’apogée de tout ce qui fait que je fais ce métier depuis toutes ces années. Je suis très content d’avoir pu faire ça !

Si tu devais choisir le nom d’un film pour résumer ta carrière jusqu’à aujourd’hui, ce serait lequel ?

« Coco » et « Dragons ».

Un dernier mot pour Gillesfaitsoncinema.com ?

Merci pour votre soutien à tous les passionnés de VF, qui font qu’on peut encore exercer ce métier avec passion. Je suis très content de pouvoir encore faire ce genre d’interview. Merci beaucoup

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